''Il vaut mieux se perdre dans la passion que de perdre sa passion''




samedi 4 août 2018

Glomma

La haute Glomma en dessus du parcours Kvennan
C'est en parcourant en voiture les routes qui traversent les forêts boréales et les prés entourés de magnifiques Epilobes en épi en fleurs que nous découvrons furtivement la majestueuse Glomma. Il fait beau aujourd'hui. Nous nous sommes levés enthousiastes et de bonne humeur. L'équipe est constitué de cinq pêcheurs, du guide Jean-Philippe et de notre accompagnant Olivier de PlanetFlyFishing. La veille, nous avons été chaleureusement accueillis dans la vieille ferme Norvégienne rouge par Jean-Philippe et son épouse Stéphanie ainsi que leur petite enfant des neiges, Sophie. L'ensemble et constitué de plusieurs bâtiments et la partie la plus ancienne a deux cent trente ans. L'été, Jean-Philippe accompagne les pêcheurs sur la Glomma et autres plans d'eau et durant l'hiver, lorsque tout est gelé et recouvert de neige, il est musher et part sillonner les environs avec sa meute. Les chiens de traîneau l'ont amenés à quitter sa France natale pour venir s'établir ici. C'est sa passion et son mode de vie depuis des années et la Norvège par son grand froid hivernal et ses grandes étendues est un terrain de jeu quasiment sans limite pour pouvoir s'entrainer et s'adonner à la compétition. Avec Stéphanie, il fonde il y a quelques années Escapade Norvégienne et propose à ceux qu'ils le désirent des activités hivernales avec les chiens. Plus tard, il se découvre une nouvelle passion, celle de la pêche à la mouche. Durant la belle saison, la région est particulièrement propice pour cette activité. La Glomma, mais aussi d'autres affluents plus petits, regorgent d'ombres et de truites. Les lacs innombrables contiennent des perches, corégones et autres brochets de tailles respectables parait-il. Après le petit-déjeuner, nous prenons notre matériel, on monte dans les voitures de location et suivons Jean-Philippe avec son pick up blanc. Après avoir roulé une bonne vingtaine de minutes, nous empruntons un pont qui passe par-dessus la rivière et juste après, il enclenche son clignoteur à droite. On plante sur les freins pour le suivre et nous nous arrêtons sur une place de parque en gravier. On arrête les moteurs. C'est ici qu'on va pêcher aujourd'hui, à deux pas de Telneset. Cette partie de la haute Glomma est gérée par Kvennan Fly Fishing en barbless hooks only et fait seize kilomètres environ. La capture d'un seul ombre par jour est possible mais une fenêtre de capture autorise uniquement de conserver un poisson entre trente-cinq et quarante centimètres.


Un bel ombre de la Glomma
C'est le premier jour et bien entendu il faut retrouver ses marques en déballant le matériel fraichement sorti des bagages. On est venu pêcher en Norvège et on y est pour de bon maintenant! On ressent de l'excitation dans le groupe parce que sur le moment, il n'y a rien de plus agaçant que de ne pas trouver n'importe quel type d'objet indispensable à l'activité qui nous a amené ici... Jean-Philippe nous explique que cela fait un bail qu'il n'a pas plu et que la Glomma est très basse pour la saison. Comme dans toute l'Europe, il fait anormalement chaud dans cette région de la Norvège et la pluie n'est pas tombée sérieusement depuis des semaines. Il nous conseil de monter des pointes en 12/100. Finalement tout le monde a retrouvé ses affaires, mis de l'ordre et est prêt. Les cannes sont toutes montées et nous partons maintenant en direction de la rivière en passant par le petit sentier bien marqué par les pêcheurs nous ayant précédés durant la saison. On arrive au bords de l'eau et là, c'est un peu la déception.


Il y aussi de belles truites mais elles sont largement minoritaires
La rivière est large est peu profonde. L'eau est claire et le fond est constitué d'une myriade de petits galets bruns-roux. Le monumental lisse qui s'étend devant nous est déroutant tellement il est lisse! L'eau ne coure pas et il n'y a pas de gobages. Un vrai miroir! Mais on le comprendra parfaitement durant le séjour, la densité d'ombres est énorme et ils sont partout. Dans les fosses profondes, dans les courant rapides ou dans les radiers ridiculement peu profonds. Au début, on pense qu'ils sont de l'autre côté, près de la rive inatteignable d'en face mais en restant simplement cinq minutes sagement sur la berge ou un peu dans l'eau, on s'aperçoit soudain que les poissons sont tout près des bordures et se mettent même dans le sillage que l'on fait dans l'eau! Dans certains bras tranquilles, des petits courants abritent parfois plusieurs ombres de quarante ou quarante-cinq centimètres. Au fil de la semaine, nous apprenons à lire cette rivière qui semble juste trop grande de prime abords et qui est même par endroits constituée d'îles et d'herbiers. Ces herbiers justement sont de véritables pépinières et on y trouve des vairons en pagaille mais aussi des petits bancs d'ombrettes. La haute Glomma, c'est l'abondance et les poissons sont tous issus du frai naturel.

Le premier jour sur un radier prolifique

Nous faisons le bilan de cette première journée et tout le monde a eu du succès. Pour ma part, je n'ai utilisé qu'une seule mouche sèche et il s'agit d'un modèle en CDC de Marc Petitjean acheté chez lui le jour de mon départ pour l'aéroport de Zurich! Une MP67 montée sur un hameçon de 14. Cette mouche au corps brun et aile blanche imite un chiro mais aussi, à mon humble avis, parfaitement une fourmi.

La MP67 fonctionne à merveille!
Nous rentrons à la ferme isolée dans la campagne près d'Hodalen et passons d'agréables moments autour de la table à manger à déguster les délicieux plats cuisinés par Stéphanie accompagnés de bons vins rouges français. Tout le monde a une histoire ou une anecdote sympa à raconter et l'ambiance est particulièrement conviviale. C'est assez incroyable mais dans ce groupe, nous sommes quatre à avoir été en Alaska et avec Bernard et Catherine Thompson et aussi Jérôme Muffat d'Alaskaevasion s'il vous plait! Un truc de dingue!

L'équipe à la recherche d'un bon coin. Jean-Philippe en tête.

Durant cette semaine, nous nous attarderons souvent sans le remarquer dans la salle à manger car la Norvège se trouve sous des latitudes où la nuit n'a pas encore sa place à la fin juillet. Sous la fatigue et l'ivresse nous regagnons joyeusement nos couettes dans une légère pénombre encore adoucie par la lune montante et avec les encouragements des chiens qui se mettent à hurler sans raison évidente pendant cinq ou dix minutes. Finalement ils s'apaisent, le silence reprend ses droits et cela renforce encore l'impression d'être au bout du monde.

Les postes de pêches sont magnifiques
La météo fut exceptionnellement douce durant toute la semaine et les doudounes et autres habits chauds furent totalement inutiles. Bien entendu, les jours se suivirent et ne se ressemblèrent pas et les ombres de la Glomma ne manquèrent pas de nous le rappeler. Mais il faut relativiser tout de même car de beaux poissons dans les épuisettes il y en a eu tous les jours et en quantité.

De droite à gauche: Stéphanie, Olivier, Jean-Philippe et l'enfant des neiges Sophie, Guy, Daniel, Claude, Dominique et moi!
Un matin, en pêchant sur un tronçon à nouveau prolifique, j'observe un animal qui sort de l'eau et se déplace sur la berge et qui replonge dans l'eau puis revient sur la berge. J'observe ce va-et-vient et je mets du temps à le réaliser, mais il s'agit bel et bien d'une loutre! C'est dire le potentiel de la rivière...

Angelo

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